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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 17:50

Bijour, voici une petite illustration par Cyrielle pour le chapitre 2 des aventures du BaronCrapo en Ensulsis. Attention reprise ce vendredi ! Encore très beaucoup merci !! <3 

 

http://i57.servimg.com/u/f57/11/14/07/70/16002610.jpg

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 16:20

Coucou les gens !

 

Demain c'est en effet Noël et pour l'occasion laissez moi vous souhaiter d'en passer un joyeux !

 

Les lenteurs administratives retardent un peu tout les projets, écritures, strips, etc... Mais ne vous inquiétez pas ça finira par venir !

 

En attendant moi j'ai encore fait une bêtise... J'ai un peu chipé un truc à la mère Noël... Suis pas sortable !

 

http://i57.servimg.com/u/f57/11/14/07/70/mere_n10.jpg

[Merci à Claire pour son magnifique dessin !!]

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 20:54

[Suite et Fin de la nouvelle de Mao, encore un très très grand merci pour ce partage !! - Baron]

 

Il paraît que créer des machines intelligentes est le rêve de l’Homme. Il veut créer son égal, mais en moins faible, en plus autonome. Il veut  une machine qui accomplisse « des tâches que l’homme accomplit en utilisant son intelligence ». Il veut cette intelligence sans les émotions parasitaires, sans tout ce qui fait de l’être humain un Homme. Et peut-être même qu’il veut se livrer à cette entité sans sentiments, parce que c’est tellement plus facile de tout rationaliser. Il pense que les machines peuvent réussir là où nous avons échoué, pour tous nous réunir et nous unifier. Egaux, enfin. Vraiment. Qu’importe le prix.

Il paraît que quoi qu’on fasse, il y aura toujours des gens qui disent «  c’était mieux avant ». J’assume être de ces personnes-là. C’est ce que je pense alors que je caresse les cheveux de Gabriel, emmitouflé dans une couverture. C’est ce que je pense en me levant et me dirigeant vers la fenêtre. Le paysage en contrebas est magnifique. La forêt s’étend sous mes yeux, et je vois la ville au loin qui étincelle comme un diamant. Ils doivent se préparer consciencieusement là-bas. Nous aussi.

La puce que papa a implanté à mon petit frère il y a dix ans contient un virus capable de redonner leur liberté aux hommes. On la trouvera et on décryptera ses algorithmes. On les copiera et on les enverra sur la ville.

La révolution est en marche.

Mon monde est un monde parfait. Un monde qui sent bon le magnolia en fleur et la figue qui mûrit au soleil, un monde où tout un chacun est poli et respectueux, un monde où chaque personne se trouve sur un pied d’égalité avec son voisin. Personne n’est exclu, tout le monde est intégré. Ce monde est parfait, mais je vais tenter de le détruire.

Vous pouvez dire que ma vie craint. Ce serait vrai. Seulement j’ai retrouvé mon petit frère, il y a quelque part en lui la clé qui libérera l’Humanité, je suis une analyste hors pair et mon meilleur ami est un garçon plutôt mignon qui parle une langue étrange.

Alors que ma vie craigne, je m’en fiche un peu.


 

The radio does play / The classical music there, Jim / The march of the wooden soldiers / all you protest kids / you can hear Jack say, get ready, ah / Sweet Jane! Whoah! Sweet Jane! Sweet Jane!


 

 

FIN

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 22:58

Merci à tout le monde !! L'aventure continue dans ce troisième chapitre...

 

Chapitre 3 : Le Secret de Vigillia

 

 

L'auberge du camps était vétuste, mal entretenu. Les visiteurs semblaient bien rare tant la région ne valorisait pas son tourisme. Le BaronCrapo interpella l'aubergiste pour se renseigner sur l'érudit. Il eut très vite les renseignement et on lui conseilla de ne s'y rendre que le lendemain, il faut éviter de voyager en montagne la nuit, c'est dangereux...

 

« _ Même les mineurs ne sortent plus la nuit !

 

_ À quoi est-ce dû ? Ils sont pourtant réputé pour leur courage ?

 

_ Ces derniers mois on ne compte plus les agressions, un ours géant dit-on ! Mais personne ne l'a vraiment vu. Les battus n'ont rien données... Mais n'ayez crainte nous n'auront bientôt plus ce problème.

 

_ L'hiver est encore bien loin...

 

_ Certes messire, mais nous avons loué, pour une petite fortune, un corps d'élite ! De bien belles femmes du reste...

 

_ Vous m'intriguez aubergiste...

 

_ Les mineurs ont mandaté pas moins que le BaronCrapo et ses Vindicatrices ! J'vais pas vous mentir ça nous a couté bien cher, j'ai même du mettre dans la cagnotte.

 

_ Oh, pas moins que ça... Et sont-ils efficaces ?

 

_ Pour sûr, ils sont célèbre ! Deux jours qu'ils sont là-haut, ils vont plus tarder à revenir.

 

_ Je l'espère pour eux... Combien de lit avez-vous de disponible ?

 

_ 3 chambres doubles, les autres sont insalubre et me servent d'entrepôt.

 

_ Nous allons prendre les trois ! »

 

La nuit était tombée. L'aubergiste avait préparer un copieux dîner. Tout le monde au village cultive son carré de terre, il y a grande abondance en légume. Seule Vigillia afficha son mécontentement de l'absence de viande. Tout le monde alla se couché tôt...

 

Au petit matin il fût décidé de se séparer en deux groupes, le premier partant à le recherche de l'érudit, le second chargé de repérer les escrocs. Le Baron pensait qu'ils devaient ne pas être trop loin, cherchant le moyen de tromper les villageois affin de récolter la récompense. Il partit avec Vigillia qui s'était montrée assez insistante pour le suivre et rencontrer l'érudit, prétextant qu'elle était là pour ça.

 

Méllia avait demandé à rester à l'auberge, elle ne se sentait pas d'attaque et préférait se reposer. Il s'agissait de repérage, il n'était pas utile d'y aller à trois. Alinaë et Ciny, au soleil de midi, après une matinée sans pause à suivre la piste, entendirent des hennissements. Elles descendirent de leur chevaux, et continuèrent à pied, en dehors du sentier. Restant bien à couvert, elles avancèrent prudemment.

 

« _ Derrière ce rocher... Pas un bruit...

 

_ Oui... C'est étrange... Il n'y pas de garde...

 

_ Ce n'est qu'une bande d'usurpateurs, ils ne sont pas entraîné.

 

_ Possible... »

 

Bien à l'abri des regards, elles commencèrent à repérer un peu les lieux. Ciny, eut une étrange impression et sortit de sa cachette. Alinaë furieuse lui fit signe de revenir se cacher.

 

« _ C'est inutile... Il n'y a plus personne ici... Plus personne de vivant... »

 

Alinaë s'approcha à son tour et comprit la stupeur de sa sœur. Après les chevaux attaché au même arbre, un campement de fortune, dévasté, plusieurs corps gisaient là couvert de sang et parfois démembrés. Elles se rendirent sur place, ce n'était pas la première fois qu'elles voyaient un tel massacre. Les charognards avaient débuté leur œuvre, elles observèrent un peu tout mais il fallait penser aussi aux corps, elles ne pouvait pas les laisser ainsi. Elles prirent une grande respiration et les mirent ensemble. Du bois, de l'herbe sèche... Alinaë alluma une torche et mit le feu.

 

Le feu prit très vite, elle restèrent quelques instants, priant, se souvenant d'un bien pire moment où c'est les gens de leur village, qu'elles durent voir partir en cendre... De ce qu'elles ont pu voir, la bête qui les a massacré était un ours bien plus grand que la moyenne, avec une force et une rapidité prodigieuse. Des combats il y en a eu. Sept corps, que des femmes, il manque donc au moins leur chef pour concorder avec les informations recueillies jusqu'à présent. Elle fouillèrent un peu partout, et finirent par découvrir des traces de pas et de sang, deux fuyards en direction de la montagne.

 

« _ On vas devoir laisser les chevaux ici, ça monte trop pour eux.

 

_ Ali, tu penses qu'on les retrouvera vivant ?

 

_ Je l'espère, on est quand même venu pour leur mettre nous même une raclée.

 

_ Tu ne penses pas qu'on devrait le prévenir avant de monter ? »

 

Vigillia était restée très silencieuse durant tout le voyage. La cabane de l'érudit était très éloignée du village, il n'y avait pas vraiment de chemin menant là bas. La cabane se trouvait sur un plateau, à flan de montagne, il fallait passer par un chemin de 50 cm de large sur près d'un kilomètre pour y parvenir. Une fois franchit, le Baron s'arrêta...

 

« _ Depuis qu'on est arrivé au village, tu es bien plus silencieuse que d'habitude, ai-je quelque chose à savoir avant de rentrer dans cette bicoque ? »

 

Vigillia, surprise, ne su trop que répondre. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il se rende compte que quoi que ce soit. Elle n'avait plus le choix, il devait savoir...

 

La suite au prochain épisode ! Comme vous le remarquez les incidences des votes que vous faites ne seront plus forcément immédiat.

 

1 – Alinaë et Ciny suivent la piste des fuyards

2 – Elles vont faire leur rapport au Baron avant de faire d'la merde.

 

 

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 16:02

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 20:57

[Assez de votes pour me décider, ça c'est joué à un cheveu ! Merci à vous. Suite et fin de ce second chapitre...]

 

Le cheval de Méllia avait parcouru de nombreuses lieues avant de s'arrêter de lui même pour une nuit de repos. En se couchant Méllia toujours inconsciente roula au sol et sous la protection de sa poupée resta endormie à reprendre des forces. Au matin, elle s'éveilla crachant encore de la terre. Elle en eut des relents toute la journée. Elle reprit la route, raccommodant sa petite héroïne.

 

Ce combat l'avait épuisée, elle savait que son jeune age était encore un frein à ses réelles possibilités. L'utilisation de la magie nécessitait plus que des aptitudes et de l'entraînement. Il fallait dosé chaque effort. Elle songea alors aux paroles du BaronCrapo lors des entraînements à leurs cabanes...

 

« _ Méllia, tu choisis toujours la puissance ! C'est une grave erreur. Si ton adversaire pare ou résiste à une attaque, il sera à même de prendre le dessus du combat. Comment t'expliquer... Viens nous allons faire un petit exercice. Tu vas courir aussi vite que tu peux vers la rivière, ne relâche pas tes forces jusqu'à ton arrivé là bas. Je t'y suivrais à mon propre rythme.

 

_ Le premier arrivé gagne ?

 

_ Non, Nous ferons un petit duel d'eau à la rivière, nous verrons qui gagnera ! »

 

Elle fit un signe de tête approbateur, elle n'était pas du genre bavarde déjà à cette époque. Elle se mit à courir, vite, évitant les obstacles à toutes allures. Frôler un arbre sur la droite, sauter au dessus d'une racine à la surface du sol, elle donna tout ce qu'elle avait. Son cœur battait, sa respiration s'accélérait. Bien avant la rivière elle faiblit, mais elle avait toujours suivit le Baron en ce qui concernait les cours. Sa volonté l'entraîna à la rivière où sur la berge elle s'effondra haletante sur un lit de feuille morte. Moins d'une minutes après, il arriva en petite foulée...

 

« _ Tu n'as pas l'air bien, es-tu prêtes ? »

 

C'est le nez dans les feuilles qu'elle répondit en grognant, mais elle se leva, épuisée.

 

« _ Bien, tu es encore debout ! Allons-y... »

 

Le Baron fit un geste et projeta de l'eau vers Méllia, elle aurait voulu faire de même mais rien... Impossible de se concentrer sur sa magie, son corps n'était pas remis de la course, elle prit l'eau de pleine face et tomba en arrière. Il vint vers elle pour l'aider à se relever.

 

« _ As-tu compris la leçon ?

 

_ Oui, je crois... Si je m'épuise trop vite, je ne peu plus rien faire. Il ne faut plus que je mette toute ma force dans un seul coup... »

 

Elle n'oublia pas cette leçon ni le rhume qu'elle attrapa ce jour-là. Elle n'avait eu de cesse de s'entraîner, de se concentrer, de forger son corps et son esprit à une grande discipline. Mais cela ne suffisait pas, l'immaturité de son enveloppe corporel en pleine croissance était un frein permanent. Ramassol aurait pu gagner, il s'en est fallu d'un cheveux, cela ne devait pas se reproduire. Le reste du trajet elle le passa à s'entraîner...

 

Plus loin, sur une autre route...

 

« _ Je goute la première et si c'est bon je te le dirais.

 

_ D'accord... » acquiesça fébrilement Cyni.

 

Alinaë croqua sans trop se poser de question, tout ce boulot à plusieurs mètres du sol l'avait affamée. En mâchant, elle fit une drôle de tête ce qui inquiéta Cyni, puis sourit.

 

« _ C'est très bon, acidulé au début mais très sucrée ! J'en fini la moitié et tu termines. »

 

Elle tendit le fruit, Cyni allait le porter à sa bouche lorsque derrière elle, elle entendit sa sœur s'écrouler.

 

« _ Ali ? ALIIII !!! »

 

La ferme de Timouille était en vue. Elle couru la chercher.

 

« _ Timouille !! Timouille !!

 

_ Oh, tu es de retour ! Si vous saviez, si vous saviez, j'ai eu peur que vous ne reveniez ! Mais où est donc ton panier ?

 

_ Auprès de ma soeur qui a gouté une quédouille, elle s'est effondrée.

 

_ Ah mais quelle idée, si vous saviez si vous saviez. Allons vite la ramener au chaud. »

 

Nigourdin, la jambe ficelée à des planches de bois était affalé sur des coussins près de la cheminée où un feu naissant annonçait une soirée un peu froide. Alinaë fut allongé dans le lit des époux après que les draps furent changés. Timouille malgré une certaine pauvreté, sait recevoir les voyageurs, surtout ceux qui l'ont aidé à avoir un semblant de récolte.

 

Elle rassura Cyni, les quédouilles, ont des effets variés sur les gens qui en goutent. Cela débute toujours pas un sommeil long mais reposant. Suivit de colique et de vomissement durant parfois plusieurs jours. En de très rares cas des effets étranges apparaissent dans les semaines qui suivent, luminescence de la peau, perceptions exacerbées, augmentation de la puissance magique, etc... C'est d'ailleurs le travail des alchimistes sur ce fruit, séparé un tas d'éléments et concevoir des potions pour tout et rien.

 

Une fois remise, elles repartirent. Alinaë ralentit beaucoup le trajets pour diverses raisons déjà énumérés. C'est après avoir quitté la ville 6 jours plus tôt qu'elles arrivèrent enfin au delà de la foret. Elle virent alors au bout des vastes jardins à flan de colline le village des mineurs de Campebrousse. Elles descendirent de cheval, pour faire le reste du chemin à pied. Ces braves montures sont bien fourbues, cela leur fera le plus grand bien.

 

Du bruit se fit entendre, elles se retournèrent et eurent la joie de voir Méllia arriver, elle semblait un peu ailleurs, mais fut très heureuse de serrer ses sœurs dans ses bras. Alinaë était bien surprise de la voir seule, et la questionna aussitôt. Elle raconta alors son périple, et son étonnement à elle, mais où sont donc le Baroncrapo et Vigillia ? Ali leva un sourcil et dit :

 

« _ Ils sont peut être déjà à l'auberge en train de …

 

_ Ali ! Ce n'est plus le genre de Baron...

 

_ Tu es bien naïve Cyni, tu as bien vu comment il la regardait !

 

_ J'ai surtout vu comment elle le regardait... Il n'a aucune chance. » Ajouta Méllia.

 

Cyni raconta à son tour ce qui c'était passé durant ces six jours, et sortit une quédouille que Timouille lui avait donné pour leur peine, un seul fruit ne semble pas être grand chose mais sa rareté n'est pas anodine. Méllia le regarda avec des grand yeux, elle n'avait jamais voulu tremper dans l'alchimie jusqu'à présent mais les derniers événement l'ont bien fait réfléchir.

 

« _ Vous voulez bien me le donner ? Je voudrais en faire des potions avec !

 

_ Si tu veux... Ali, t'en pense quoi ? Tu voulais le manger ?

 

_ Hum... Non pas trop envie d'en reprendre ! On allait le vendre... Du bruit ? Quelqu'un arrive ! »

 

En effet deux chevaux sortirent des fourrés chevauché par Vigillia et le BaronCrapo. Ils avaient l'air perdu. Alinaë l'interpella :

 

« _ Baron ? Tout va bien ?

 

_ Je... Oui... Non... Combien de temps ?

 

_ Combien de temps quoi ?

 

_ Depuis combien de temps avons nous quitté la ville ?

 

_ Cela fait six jour Baron, t'es sûr que...

 

_ 6 jours... 6 jours... Bon sang c'était pour moi il ya seulement quelques heures... Vigillia vous ?

_ Oui, quelques heures... Nous avons laissé la petite puis nous arrivons ici...

 

_ Je ne suis pas petite... »

 

Le BaronCrapo descendit de cheval, il s'assit sur un rocher et resta pensif. Tout le monde le regardait attendant qu'il sorte un peu de cet état...

 

« _ Non, rien... Rien ne semble différent... Que c'est-il passé durant ces 6 jours... »

 

Le soleil se couchait, l'ombre des montagnes assombrissait les cultures environnantes. Il décida d'aller au village, autant se reposer, il se sentait fatigué. La petite troupe suivit la route vers le village...

 

Fin du second Chapitre.

 

Le choix du jour vous semblera surement un peu simple, mais ne vous y fiez pas les aboutissements auxquels je songe pour l'un ou l'autre sont déterminant !

 

1 – Le fruit sera vendu.

2 – Le fruit sera confié aux bons soins de Méllia.

 

Le chapitre 3 des Aventures du BaronCrapo en Ensulsis s'intitule : Le secret de Vigillia ! Ouais je sais ça vous intrigue ! Merci à tous de me suivre !

 

 

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 19:22

[ Hello lecteur invisible! Voici l'avant dernière partie de ma nouvelle. J'espère que tu l'appréciera! Mao. ]

 

            Six mois plus tard, mon plan s’est déroulé comme prévu. Je me suis fait embauchée par les Jeunesses Electroniques et ai très vite décroché un poste à la Maison Bleue. Ça fait presque quatre mois que j’étudie tous les plans du bâtiment, que je fais toutes les missions stupides qu’on attribue aux jeunes pour pouvoir me balader librement dans les murs, que je programme pour le Gouvernement. C’est fou de se retrouver de l’autre côté du pouvoir tout à coup comme ça. Je sens la puissance du Gouvernement dans chaque mouvement que je fais, à chaque fois que je m’assois devant mon écran d’ordinateur, lorsque je me promène ou que j’observe mes collègues. Nous avons créé notre maître, et celui-ci nous garde en cage tels des moutons obéissants. Plus question de Dieux ou autres entités immatérielles… Là, tout est bien réel et présent. Des lignes et des lignes de codes alambiqués, des bases de connaissance écrites en expressions procédurales difficiles à comprendre à la longue, tout ça nous gouverne. Mais plus pour longtemps. Car ce soir je passe à l’action. C’est ce que je me dis alors que je m’attache les cheveux dans les vestiaires mixtes de la Maison. Il faudrait que je pense à me les couper quand tout ça sera fini.

-Vi ne ĉiam trovis? Me demande X. Je sursaute et bafouille quelques mots incompréhensibles. C’est son truc, me faire peur. Cela fait cinq mois qu’il a lui aussi rejoint les J.E, et trois mois qu’il est dans la même équipe que moi. Enfin, ce serait plutôt l’inverse, car il a monté les échelons beaucoup plus vite. Il paraît qu’il est très doué. Mais moi aussi, je me défends pas mal. Et j’ai appris l’Espéranto plus vite que lui le français.

-Non, je ne l’ai toujours pas trouvé. J’y vais ce soir. Les robots Guardians se sentiront un peu bêtes vers neuf heures, et je passerai à l’action. Tu ne devrais pas rester ici cette nuit.

-Je…abandonne pas toi. Mi helpos vin.

-Si tu veux vraiment m’aider, envoie un virus aux Guardians, que je puisse sortir sans problème. Et utilise ElIott si tu veux parler français… Qu’il serve quand même un peu.

            On se sourit doucement. On a l’habitude de parler les deux langues mélangées, comme ça on est les seuls à se comprendre. Et comme de toute façon le Gouvernement a imposé le français comme langue seule et unique, les robots ne retiennent aucun de nos dialogues. Toutes les informations importantes passent en Espéranto.  C’est la faille qu’on a trouvé, chacun de son côté, et qui fait notre force une fois réunis. C’est peut-être grâce à ça qu’on vaincra.

            Vingt heures cinquante. Je trépigne. Ça fait tellement d’années que j’attends ça… La Libération. X est à son poste, dans le bureau de l’équipe qui n’est là que le vendredi et lundi, et attend patiemment que j’entre dans la pièce et lance le signal pour mettre en route son virus. Vingt heures cinquante-six. Plus que trois minutes et le Gouvernement tout entier se mettra en mode veille pour restaurer ses batteries et charger toutes les nouvelles données impossibles à gérer en étant allumé. Un jour, j’aimerais bien voir quel visage lui a donné mon père. Certainement quelque chose de bienveillant, pour illustrer à merveille son utopie. Vingt heures cinquante-huit… J’y vais. Je cours le long du couloir, tourne à gauche, puis à droite, descend le long de la rampe ouest… et me prend quelques kilos de tôle en pleine figure.

-Territoire Interdit. Vous êtes priée de quitter la zone, déclare avec difficulté un robot qui ressemble fort à R2D2 (un robot d’une très très vieille saga dont mon père a pu garder quelques images) mais en quatre fois plus grand. Les Guardians sont l’un des derniers spécimens de robots présents en ville à être encore construits en tôle. Ils offrent une bonne possibilité de protection et sont programmés pour écraser toute résistance si jamais quelqu’un venait à s’approcher trop près du Virus, contenu dans la pièce dont j’aperçois la porte. Malheureusement pour le Gouvernement, les Guardians sont aussi des robots très gentils. Ils ont tendance à vouloir aider tout le monde – je ne sais pas qui les a programmé ainsi – mais aussi une légère inclinaison au surchauffage dès qu’on leur envoie une information trop complexe.

-Territoire Interdit. Vous êtes priée de quitter la zone. Ceci est le dernier avertissement.

Je respire profondément et lance :

-Je suis désolée, j’ai perdu mes jumelles !

Ambiguïté sémantique en place. Le robot se démène, ses circuits chauffent. Il tente des associations sémantiques, mais vu le contenu de mon énoncé, il a du mal. Jumelles pour voir ou jumelles tout court? Telle est la question. D’après mon âge, je peux avoir des enfants et posséder des lunettes-pour-voir-loin. Le français est une si belle langue. Le Guardian peine pendant quelques secondes encore, puis tout son système se concentre sur le problème. Il m’oublie. Je répète l’opération trois fois, pour les trois Guardians en poste devant la porte, et pousse celle-ci au bout de cinq minutes. Il m’en reste dix avant que le Gouvernement ne s’éveille. Trois avant que les Guardians buguent totalement ou se retournent contre moi. Une avant d’appuyer sur ma mini télécommande qui enverra un signal à ElIott qui préviendra X que je suis dans la place. Je respire. Presse le bouton. Et me précipite dans la salle pour récupérer mon arme de destruction massive.

            Il est là. Ses bras sont fins, trop fins. Il a l’air d’un petit ange déchu avec ses cheveux blonds qui tombent sur son visage et yeux fermés. Si je me souviens bien, quand ils sont ouverts, ils sont bleu pilule d’Oubli. Un bleu infini. Un bleu qui donne envie de partir loin, loin de ce pays devenu fou et inhumain. Les machines l’ont gardé en vie pendant tout ce temps, ne sachant pas si elles devaient plus le craindre mort ou vivant. Elles sont prudentes. Pas assez cependant, selon moi. Il m’a été facile de trouver des failles et de les utiliser.

            J’avance doucement et passe une main sur son bras gauche. Je tire doucement pour lui retirer sa perfusion mais il gémit quand même. Je grimace et pose ma main sur sa tête dans un geste qui se veut apaisant. Seulement, un petit détail m’a échappé : cela fait environ neuf ans qu’il n’a pas senti de chaleur humaine contre lui. Ses yeux s’ouvrent brusquement et il me dévisage sans un mot. J’avais raison, ils ont la couleur des pilules d’Oubli.

-Gabriel, je chuchote. Gabriel, je vais te sortir de là. Reste tranquille.

A ma grande surprise, il m’obéit. Il me laisse passer ses bras autour de mon cou et le porter jusqu’à la porte. Les machines l’ont gardé vivant mais pas très bien nourri : il pèse moins qu’une plume contre moi. Je passe une tête dans l’encadrement de la porte et pousse un soupir de soulagement : le virus de X a fait son effet. Les Guardians se sont éteints, et connaissant le programmeur de leur mal, peut-être pour toujours.

            Il nous reste trois minutes avant que toute la Maison Bleue ne soit en effervescence. Je presse le pas. X me rejoint alors que je franchis le seuil du Hall B. Plus que quelques mètres et nous sommes libres. Plus que quelques mètres…

            Une sonnerie stridente retentit, puis une autre, et encore une autre. Les alarmes nous vrillent les oreilles et nous nous mettons à courir. C’est bientôt fini…

            Les portes descendent doucement devant nous. L’Etat d’Urgence a été déclaré, le bâtiment scelle ses sorties. Je ne sais pas si on va y arriver. Les larmes me brouillent la vue – le Hall était-il vraiment aussi long avant ? La lumière baisse progressivement. J’entends X à côté de moi qui me dit de ne pas abandonner.

- Ne rezignu, AlIs…

            Et puis j’abandonne.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:06

Chap 2 Part 3/4

 

Sans faute, sans faute... Et flop impondérables. On se reprend et la suite c'est de suite :

 

Alinaë et Cyni avaient prit beaucoup d'avance. Leurs montures n'étaient guerre ménagées. Elles avaient bien fait attention d'éviter le chemin le plus court coupant dans la forêt dense, un bucheron leur avait conseillé de prendre un peu plus loin sur la droite, quelques heures de plus pour un trajet bien plus sûr. Arrivée à un petit point d'eau, elles s'arrêtèrent quelques minutes.

 

« _ Ali, je crois qu'il va falloir reposer davantage les chevaux...

 

_ Oui, j'ai vu qu'on avait trop forcé, le mieux serait de changer de monture sur la route, je doute fort qu'on croise un relais... »

 

Le bûcheron croisé plus tôt, passait justement par là en carriole et entendant les demoiselles, ne pu s'empêcher de prodiguer à nouveau quelques bon conseils.

 

« _ Si vous prenez cette direction, il y a une fermette dans une vaste clairière. Nigourdin et sa femme Timouille vous changeront vos montures, je les connais bien de braves gens ! »

 

Elles n'eurent pas d'hésitation, et demandèrent à leurs chevaux un dernier effort avant un long repos bien mérité. Elles ne mirent pas plus de deux heures avant de rejoindre la clairière. Au milieu on trouvait une belle bâtisse de pierre du terroir. C'était étrange de voir cette ferme ici, seule présence humaine. Deux enclos, un avec des gleubis et l'autre avec des chevaux. Une femme s'affairait, elle avait l'air paniquée et stressée. Alinaë descendit la première de cheval et interrogea Timouille.

 

« _ Madame, pourriez-vous nous échanger nos chevaux épuisés par une longue route contre des chevaux plus frais, bien sûr nous vous donnerons un petit plus...

 

_ Si vous saviez si vous saviez... L'argent j'en n'en ai que faire. Si vous saviez si vous saviez... Mon bon Nigourdin mon mari est tombé lors de sa récolte. Si vous saviez si vous saviez... Il est tout cassé de la jambe et la quédouille ça se récolte aujourd'hui ! Pas de main, pas demain ce sera tout moisi ! Si vous saviez si vous saviez...

 

_ Je devines. Si nous vous aidions dans cette récolte, vous nous aideriez ?

 

_ Mais bien sûr que je vous aiderais ! Récolter les fruits c'est pas un travail de jeune fille, si vous saviez. Il faut grimper haut dans les arbres et c'est un travail pour un homme toute la journée durant. Si vous saviez, il ne reste que quelques heures. Où vous allez donc ?

 

_ Nous nous rendons à Campebrousse, le chemin est bien long mais de nouveaux chevaux nous feront gagner beaucoup de temps.

 

_ Campebrousse, si vous saviez, si vous saviez, je vous indiquerais un raccourcis en plus des chevaux si vous arrivez à remplir ces deux gros paniers de quédouille.

 

_ C'est quoi des quédouille ? » Dit alors Cyni.

 

Timouille alla dans la réserve et sortit d'un chiffon un drôle de fruit jaune et vert. Il ressemblait à une grosse poire avec des creux comme des pouces tout autour. Elle expliqua que ces fruits étaient vendu à des alchimistes qui fabriquaient d'incroyables potions avec. Seulement la récolte ne pouvait avoir lieu qu'un jour par an, et on trouvait très peu de quédouiller dans la région. Il fallait aussi savoir que cet arbre poussait sur les hautes branches d'autres arbres. Heureusement qu'elle pouvait leur indiquer le bon coin où les récolter.

 

Cyni se rendit compte en voyant la hauteur des arbres que cette récoltes n'allait pas être de tout repos. La pauvre paysanne était retournée à ses travaux et les deux sœurs se trouvèrent seules face à un bien long travail.

 

« _ Ali, on va devoir grimper tout là haut ?

 

_ Je craint qu'il n'y ait pas d'autre choix. Chacune un arbre et celle qui récolte le plus de fruit fait la cantine ce soir ?

 

_ Je fais toujours les repas...

 

_ Peut-être pas ce soir ! »

 

Efficace dans son escalade, Alinaë grimpa avant même de finir sa phrase. Se rendant compte que son épée l'encombrerait, elle la laissa à plat sur une branche de manière à ce que personne ne l'a voit d'en dessous. Elle détacha l'un des deux sabres et continua son ascension. Avec le grand panier certains passages étaient bien difficiles, mais après quelques temps elle avait enfin en vu un quédouiller. Sur chaque arbre il n'y avait que deux ou trois fruits à récupérer. Le plus dur étant de les attraper sans tomber ou les faire choir. Ensuite plus qu'à descendre et trouver un autre arbre...

 

Ciny n'était pas en reste et regardait de haut, après sa première récolte, sa sœur qui grimpait encore sur l'arbre adjacent. Beaucoup plus svelte et très agile, elle s'apprêtait non pas à descendre mais à passer à l'arbre suivant à l'aide d'une corde et d'une flèche. Elle bandit son arc visant volontairement l'arbre juste après celui où Alinaë récoltait. La flèche siffla.

 

« _ Tu triches Cyni...

 

_ D'où il y avait des règles à respecter ? »

 

Elle fixa la corde, remis son grand arc dans son dos et monta sur la corde, elle avait beaucoup de grâce dans ses déplacement. La corde bougeait parfois beaucoup, jamais sa concentration ne fut brisé et aucuns mouvements inutiles ne fut fait. Le nouvel arbre atteint elle fit sa seconde récolte.

 

La journée se finissait, la nuit tombait. Elles avaient réussit à remplir les paniers qui débordaient de fruit. Cyni après sa récolte avait aidé sa sœur qui trainait, Alinaë serait de corvée pour une fois. Ça promettait d'être particulier. Elle se demandait quel goût pouvaient avoir une quédouille. Et prenant un fruit dans sa main elle dit :

 

« _ Cyni, on goute ?

 

_ Je ne sais pas trop...

 

_ Ça, n'a pas l'air mauvais et l'odeur est plutôt agréable.

 

_ Je... »

 

Le choix du jour :

 

1 – Elles goutent !

2 – Elles ne goutent pas !

 

Bonne semaine ! Les votes seront clos ce mercredi minuit ! Encore merci pour les encouragement toussa toussa !!

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Publié par la-baroncrapo-compagnie - dans Textes BaronCrapo en Ensulsis
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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 20:26

Il est dix-huit heures. Mes cours sont finis depuis longtemps et la lumière du soleil a fait ses adieux depuis trois heures déjà. Mes camarades doivent tous être devant la télé chez leurs parents, et moi je suis dehors à risquer ma vie pour eux. On ne dirait pas comme ça, mais je suis très altruiste comme fille… Je crochète la porte et arrive à désactiver l’alarme avant qu’elle ne se déclenche. L’entrepôt que je vise ce soir n’est pas très sécurisé, cela devrait être facile. Je me faufile vers la salle principale, rasant les murs de peur d’être remarquée par les caméras de surveillance. Normalement ce soir elles sont sur pause, mais on ne sait jamais. Je soupire de contentement en apercevant une lueur bleutée sur le mur en face de moi. J’arrive à destination. Mes pas deviennent de plus en plus rapides et mon souffle de moins en moins perceptible. Il faut que je me fasse plus petite qu’un acarien si je ne veux pas que les sirènes retentissent. Je parviens finalement dans l’entrepôt à proprement parler. Des dizaines de disques durs rangés dans d’immenses armoires isolantes augmentent la température de la pièce de plusieurs degrés. Je ferme les yeux quelques secondes, me remémorant le plan trouvé sur mon Internet Pirate il y a une semaine. Lorsque je les rouvre, je sais précisément où aller. Je crois bien qu’aucune caméra ne me remarque alors que je traverse l’entrepôt vers la rangée 729. C’est ma clé USB qui me trahit. Je n’ai pas dû la nettoyer assez depuis la dernière fois, ou peut-être que la sécurité a augmenté tout d’un coup, toujours est-il qu’à l’instant même où je la branche une sonnerie stridente retentit. J’ai à peine le temps de la fourrer dans une des poches secrètes d’ElIott que ma vision se trouble. Leur gaz endormant est vraiment à la pointe de la technologie…

Lorsque j’émerge, je ne me trouve plus dans l’entrepôt. Ils m’ont emmenée dans une Cellule d’Intégration. Super. Le robot qui me sert de garde ne me scanne même pas lorsque je me lève. Ils doivent avoir l’habitude finalement. Quoi que, je ne suis pas sûre qu’ils se rendent bien compte que je les ai déjà visités plus de 333 fois. Ils ne sont pas programmés pour ça.

Des robots intelligents… Ça fait longtemps que l’être humain en rêve. Il n’y a pas très longtemps, j’ai retrouvé le cours d’un certain Dominique Pastre, professeur d’informatique à l’Université Paris 5 il y a quelques dizaines de dizaines d’années. Il disait que le rêve de la machine intelligente remonte à l’Antiquité, mais qu’à ce moment-là elle était juste d’origine divine. Et puis, en 1943, les premiers ordinateurs ont fait leur apparition, et on a commencé à penser que c’était vraiment possible. En 1963, Greenblatt a créé un programme d’échecs capable de battre un joueur de niveau normal. On s’est rendu compte qu’il fallait que les programmes aient une « connaissance approfondie du domaine étudié » pour pouvoir traiter celui-ci correctement. Insertion des méta-connaissances dans l’équation. Réalisation de Systèmes Experts, dits SE, qui permettent l’utilisation de ces connaissances. Et puis mon père est arrivé, bien des années après tout ça. Un révolutionnaire. Il rêvait d’un monde uni où chacun aurait sa place. Ses contemporains se relevaient à peine de la Troisième Guerre et le sentiment commun se résumait à « plus jamais ça. ». On ne pouvait plus laisser le pouvoir aux humains, solution trop aléatoire pour l’époque. Alors on a demandé à mon père de créer un gouvernement de machines qui pourraient exercer un pouvoir juste. Les mots clés étaient Intégration – Temporisation & Reconstruction. On pensait que c’était la meilleure solution. Cependant, plus le temps a passé, plus mon père s’est rendu compte que les machines – ses propres machines- évoluaient sans lui, se dénuant d’humanité au fur et à mesure des jours passants. Alors il a créé un antidote à leur dictature : un programme capable de les détruire toutes. Un énorme virus qui emporterait tout sur son passage. Ce virus est caché quelque part, et c’est lui que je cherche depuis des années. Pour continuer l’œuvre de mon père. C’est pour ça que je fouille toutes les bases de données possibles en priant pour trouver l’endroit où est détenue cette arme de destruction massive. Et c’est pour ça que je me pique tous les jours avec une seringue contenant une solution m’empêchant d’oublier ce que le Gouvernement voudrait que j’efface grâce à leurs pilules d’Oubli. Je ne suis pas une résistante comme les autres. J’ai une mission. Et mon compagnon de cellule ne doit pas bien s’en rendre compte. Cela fait deux ans qu’on se retrouve une fois sur deux dans la même pièce, à croire qu’il passe lui aussi sa vie dans les Cellules d’Intégration. On ne s’est jamais parlé. Et pourtant, j’aimerais bien, parce que c’est le seul visage récurrent dans ma vie à part celui d’ElIott. Frustrée, les idées encore embrumées, je fais quelque chose que je ne fais jamais en public : j’enlève mon pull. Je ne jette aucun coup d’œil en arrière, sachant qu’il doit me fixer bêtement. Il se trouve que j’ai un énorme tatouage qui couvre tout le haut de mon dos, assez impressionnant. Mon père m’a dit que c’était l’une des seules pistes pour retrouver le virus, mais avant d’avoir pu m’en dire plus il a disparu, donc ça ne me sert pas à grand-chose. C’est du moins ce que je pensais, jusqu’à ce que…

- Viatatuaje.

Je me retourne brusquement vers mon compagnon de cellule. Plus de deux ans sans dire un mot et il suffit que je me déshabille pour qu’il ouvre la bouche ! J’active ElIott et réussis tant bien que mal à faire répéter le garçon. Mon tatouage. Il a déjà vu ce signe quelque part. ElIott me traduit l’Espéranto de mon compagnon à toute vitesse et je suis assez fière de lui. Je me concentre sur ce que X – puisqu’apparemment c’est son nom – me dit. Il est là depuis très longtemps. Il a vu pas mal de choses. Dont une qui m’intéresse plus particulièrement, et qui de fil en aiguille me fait déduire que…

-Tu veux dire que ce que je cherche se trouve dans la Maison Bleue ? Le Siège du Gouvernement ?

-Jes. Visimple vifaras entrepreni laregistaraj trupoj. Estasfacila.

 

Il suffit que je me fasse engager dans les troupes du Gouvernement. C’est facile, me traduit ElIott. Facile. Le plus fort… C’est qu’X a raison. Le Gouvernement a toujours besoin de plus de jeunes dans ses troupes. Histoire d’avoir du sang neuf et des idées nouvelles. Avec mon niveau en programmation, je peux facilement me faire embaucher dans la Maison Bleue même. Et là, j’aurais accès à tous les plans possible et un pass pour entrer comme je voudrais dans les salles dites de haute sécurité. Génial.

Alors que je m’apprête à remercier X pour son aide vraiment précieuse, on nous apporte nos pilules d’Oubli. De petites gélules bleu clair qui paraissent totalement inoffensives mais qui ont un pouvoir énorme sur les êtres humains. Elles peuvent nous faire oublier tout ce qui est possible d’oublier, il suffit de bien doser les nanos à l’intérieur. Je frissonne en avalant la mienne. Même si mon antidote me protège, je n’aime pas l’idée que des petites bêtes électroniques se baladent dans mon corps. Je jette un coup d’œil à X et me demande comment il peut garder l’esprit clair en se retrouvant autant de fois que moi en Cellule. Ce problème sera à éclaircir plus tard. Nos pilules prises, les robots nous laissent sortir. Ils ont fait leur travail.

-Bonŝancon, me murmure X alors qu’on arrive à l’arrêt de Tram devant l’Hôpital. Je n’ai pas besoin qu’ElIott me traduise, je lis dans les yeux de mon ‘’sauveur’’ ce qu’il pense de moi et de ma mission. Je crois qu’à force de ne pas parler, ce garçon a développé un sixième sens qui lui dit exactement ce que je compte faire. Me battre. Et toutes les exterminer. 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 20:07

ElIott me balance les Velvets sur la route. Je ne suis pas sensée connaître ce groupe, et encore moins avoir en ma possession quelques-unes de leurs pistes, mais Sweet Janeme met de bonne humeur, alors je prends le risque de me faire légèrement punir. Au point où j’en suis. Je monte dans le tram qui me conduit directement à mon lycée, échangeant les politesses d’usage avec les autres passagers. J’adresse des sourires aux enfants aussi sages que des images et dis bonjour à leurs parents. Je me conduis en parfaite citoyenne de notre bon vieux Vieux Continent. Je suis une sacrée hypocrite.

 

J’arrive dans ma salle d’Histoire alors que notre professeur s’installe à son bureau. Personne ne me regarde et je file en direction du dernier rang, comme toujours.

Je détaille la salle du regard, par habitude. C’est un ancien amphi d’université, ou du moins ça veut y ressembler : murs blanc sale, pas de fenêtres, plafond très haut… Les tables sont collées les unes aux autres et les allées font cinq niveaux. En face des tables, il y a un immense bureau en acier qui ne sert pas à grand-chose, vu que notre professeur ne s’assoit ni n’écrit jamais… et derrière le bureau, un écran qui recouvre tout le mur. Mes yeux se posent sur ceux qui ont décrété depuis longtemps que le mieux à faire était de m’ignorer. Les gens de mon âge. Les lycéens. Je détaille le groupe entier. Il y a Juliette, Thomas, Eric, Jeanne, des gens que je côtoie depuis que j’ai quatre ans, des gens que j’ai vu changer, évoluer, régresser surtout. Aujourd’hui, comme tous les jours, ils se tiennent droits et silencieux. Ils attendent poliment, sans enthousiasme mais sans lassitude non plus, qu’on leur répète ce qu’ils savent depuis qu’ils ont l’âge de savoir des choses. La seule action qu’ils auront jamais faite qui soit contre tout ce qu’on leur a enseigné, c’est m’ignorer et m’exclure du groupe. Oh, attendez… peut-être que c’est moi qui me suis exclue toute seule.


 

L’horloge numérique sonne neuf heures. Le lavage de cerveau va commencer.


 

Notre professeur est un modèle 9.2, c’est donc un robot très performant du point de vue théorique. Il peut prendre en compte pratiquement toutes les questions posées par les élèves et y répondre de manière claire et précise. Mais comme tous les robots construits depuis à peu près un siècle, il se heurte aux ambiguïtés lexicales, structurelles et pragmatiques étudiées par quelques linguistes, dont Hirst en 1987, et qui font que nos langues sont des langues naturelles. Mon ElIott, lui, est programmé de sorte à passer par-dessus ces ambiguïtés. Sans me vanter, je pense avoir pris en compte suffisamment d’informations et lui avoir injecté suffisamment de méta-connaissances pour qu’il puisse comprendre pratiquement tous les énoncés possibles et imaginables, ou demander s’il a besoin de précisions contextuelles par exemple. Il pourrait faire cours à la place du prof, je suis sûre que ce serait beaucoup plus intéressant qu’en ce moment.

Je fixe l’écran qui montre à quel point les humains ne peuvent se débrouiller seuls, au moyen d’archives parlant de la Seconde et de la Troisième Guerres Mondiales, et soupire. L’Etat sait à merveille faire sa propre propagande. Et le pire, c’est que mes concitoyens ne veulent rien voir. Ou alors ils ont trop peur de disparaître… Ou de se faire conditionner dans une de mes cellules favorites.

 

[Note de Baron : Velvets, c'est pas des animaux mignons qu'on jette sur la route u_u C'est The Velvet Underground un groupe qui eut Lou Reed dans ses membres ! M'enfin... http://www.youtube.com/watch?v=nkumhBVPGdg]

 

(à suivre...)

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