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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 22:52

 

 

À Chloé...

 

http://i57.servimg.com/u/f57/11/14/07/70/miaou_10.jpg

 

La Petite Fille Rousse et le Monstre Tentacules

 

L'histoire commence sur une île lointaine, à une époque oubliée aujourd'hui. Vivait là-bas une population pacifiste, profitant du soleil et des bienfaits que la nature leur apportait. La nourriture était abondante, les arbres regorgeaient de fruits variés aux saveurs exotiques. Plusieurs variétés de bulbes rendaient les menus consistants, la pêche complétait les repas de fêtes traditionnelles et unions heureuses. Dans ce petit paradis les habitants n'étaient jamais d'humeur à la querelle, les intempéries et disettes étaient rares. Quelques prières à leur Dieu suffisaient pour que tout aille bien dans le meilleur des monde.

 

Le Dieu unique, créateur et protecteur de leur île. Certains disaient l'avoir vu, d'autre en étaient persuadés et lui avait même parlé, mais toujours en rêve. Cela n'empêchait pas les multiples imageries différentes que les artistes se plaisaient à peindre ou à sculpter. Le plus souvent il avait l'image d'une pieuvre, parfois un peu humanisée et toujours avec ses sept tentacules. Un lagon lui était laissé à son usage personnel, nul pêcheur n'avait le droit de s'y rendre et aucune cueillette n'était permise aux alentours. On le nommait le Monstre Tentacules pour effrayer les enfants et les empêcher d'oser le déranger dans sa tanière.

 

C'est dans ce contexte idyllique que débute notre histoire, car au milieu d'une nuit de pleine lune, une naissance eut lieu. Après le bref silence qui fit suite aux suppliques de la mère, le cri d'une enfant tant désirée s'entendit à travers tout le village. Être enfin parents, ils n'y croyaient plus. Ahutiare et Petero dont l'âge avançait plus vite que la marée, avaient abandonnés tout espoir neuf mois auparavant. Ils avaient tout deux priés et pleurés devant le lagon sacré. Elle pensait avoir dépassé le temps de procréation tandis qu'il croyait ne pas être fertile. Une fois de plus leur Dieu apportait le bonheur pour chacun.

 

La matriarche leva le bébé pour le montrer à tous ceux qui avaient fait le déplacement. C'était une petite fille, cette nuit là personne ne s'étonna de la couleur trop blanche de sa peau, et de ses yeux clairs, la joie était dans les cœurs. On ne pouvait que se réjouir du bonheur de ce couple qui n'attendait plus rien... Son nom avait été choisi bien longtemps à l'avance, depuis leur rencontre où pour briser la glace ils s'étaient imaginés ensemble. Leilani sera son nom.

 

Une grande fête dédiée au Monstre Tentacules et à sa générosité fut célébrée le lendemain. Des offrandes furent apportées au lagon en abondance. La naissance fut fêtée par tous, les plus gros poissons honorèrent le menu. Du matin au soir les villageois buvaient et dansaient. Au petit jour la vie reprit son cour, chacun vaquant à ses occupations habituelles.

 

Ahutiare, un soir, en faisant la toilette de son bébé remarqua les premiers cheveux poussant sur le crâne de sa fille. Par quel prodige était-ce possible ? Sur l'île tout le monde avait les cheveux noirs comme une nuit sans lune. Cette couleur orangée ne ressemblait à rien. Comment son mari allait-il prendre cette nouvelle ? Et les villageois ? Doit-on voir là bon ou mauvais présage...

 

La Matriarche, informée, ne sut pas quoi dire. On ne pouvait rejeter un bébé innocent, malgré sa peau de lait, ses cheveux de feu et ses yeux d'émeraude. Elle leur conseilla de continuer les offrandes au Dieu, il fallait le remercier de ce cadeau, peut-être qu'en grandissant elle aurait une couleur de cheveux, de peau et d'yeux comme tout le monde.

 

Les années s'écoulèrent, de bébé Leilani devint une joyeuse enfant. Elle avait une chevelure magnifique d'un roux ardent. Des tâches de rousseurs ornaient sa peau blanche et laiteuse. Ses yeux d'un vert profond brillaient telles des pierres précieuses. Elle aimait courir, nager, grimper partout où elle pouvait. Petero devenait autoritaire, ce n'était pas dans sa nature. Dans son travail à l'entretient des huttes, il entendait souvent les gens se moquer de lui. On le regardait comme le mari de la femme qui a fauté. Elle aussi était prise pour cible des commérages pour avoir un enfant différent.

 

Avec quelle démon avait-elle couché ? Aucun animal de l'île n'avait le poil roux. Jamais de mémoire personne n'avait vu cela. Les enfants suivaient leurs parents et Leilani jouait de plus en plus souvent seule. Il fallut très peu de temps pour qu'elle devienne la cible des vilenies infantiles, les larmes devinrent son quotidien. Très vite, à chaque problème qu'un villageois rencontrait, il faisait le rapprochement avec elle. Un fruit pourri : « Oui je l'ai vue grimper à cette arbre ! ». Une pêche infructueuse : « Elle a nagé là ce matin ». Une mauvaise récolte : « Elle marche très souvent ici ».

 

Au lagon du Monstre Tentacules, jamais il n'y avait eu autant d'offrandes. Les pensées obscures habitaient les pacifiques villageois. La Matriarche dut prendre des mesures drastiques pour que le calme revienne. Après tout, il n'y avait aucun véritable problème, rien n'était inhabituelle si on mettait de côté cette étrange couleur de cheveux, cette pâleur et ces yeux vert. En surface les gens se calmèrent, faisant mine que tout allait bien mais c'était surtout pour ne pas s'attirer les foudres de la cheffe du village.

 

Un jour, Leilani se rendit au lagon. Elle savait les interdits donnés aux enfants, mais ne put s'en empêcher. Après tout, on la laissait si souvent seule et sans surveillance. C'était un des plus beaux coins de l'île. Une végétation luxuriante et généreuse, une eau transparente et des poissons nombreux et variés. Les fidèles avaient pour tradition de poser des paniers de fruit et autres offrandes avant chaque nouvelle lune et de les reprendre vide à la suivante. Parfois ils venaient prier à d'autres moments, en apportant leurs oboles pour des soucis rencontrés ou par peur de leur avenir. Les paniers finissaient vides. Qu'importe que ce soit des rongeurs, des singes ou des oiseaux qui les vident, la foi des habitants était ainsi confortée.

 

Quant elle vit cette eau si clair, elle eut envie de s'y baigner. Sachant qu'on venait rarement, elle plongea et profita de la douceur de l'eau. Le soleil était bien haut. Elle était là depuis plusieurs heures déjà quand une voix sortie de nulle part se fit entendre. Leilani, n'eut pas peur, mais se tourna dans tout les sens avant de comprendre qu'elle entendait ces paroles dans sa propre tête.

 

« _ Pourquoi es-tu là ?

 

_ Car l'eau est douce et personne ne m'embête ici.

 

_ Pourquoi t'embêterait-on petite fille ?

 

_ Parce que mes cheveux sont comme le feu, ma peau comme le lait et mes yeux comme l'émeraude.

 

_ Ceux qui sont ainsi sont-ils tous embêtés ?

 

_ Je suis la seule...

 

_ Quel est ton prénom ?

 

_ Leilani, mais je dois partir...

 

_ Reviendras-tu me voir Leilani ?

 

_ Peut-être... »

 

Bien que courageuse, elle prit un peu peur ce jour là. Le lendemain, elle ne retourna pas au lagon, et préféra rester le plus proche possible de chez elle. Il en fut de même pour tous les jours qui suivirent, les semaines, les mois, les années. Si bien qu'elle devint une magnifique jeune femme. Sa chevelure rousse était splendide, son corps svelte, sa peau immaculée, ses seins ronds et fermes. Parfois jalousée, d'autre fois désirée, personne ne pouvait rester indifférent. De son regard vert émeraude elle fascinait et nourrissait aussi les peurs. On la fuyait toujours, quand un jeune homme faisait mine de l'approcher, sa mère ou une voisine venait aussitôt lui tirer les oreilles jusqu'à bonne raison.

 

Cette année là, la nourriture se fit rare. La sécheresse suivie des tempêtes avait diminué les récoltes. L'océan n'était pas en reste, ce mauvais ami partageait de moins en moins ses ressources. Le conseil des anciens, présidé par la matriarche qui malgré sa santé fragile continuait à s'occuper de la communauté avec la même ferveur, dut se réunir à maintes reprises afin de trouver des solutions avant que les vivres ne manquent. Les dons au Monstre Tentacules avaient eux aussi diminués, certains pensaient que cette restriction entraînait davantage de catastrophes. D'autres estimaient qu'il fallait peut-être profiter des bienfaits du lagon et de ses alentours qui eux restaient prospère grâce au Dieu. Durant la dernière réunion, les mots que la matriarche refusait d'entendre furent lâchés : « Tout le monde sait que c'est depuis sa naissance que tout a commencé, il faudrait envisager un sacrifice plus grand que quelques fruits et poissons ! ». Les approbations, signes de têtes, chuchotements, ne trompèrent pas l'état général.

 

Leilani n'avait eu que très peu d'amour de ses parents. Au début tout allait bien et ils la protégeaient. Maintenant elle n'était plus une enfant, et les malheurs qui touchaient le village n'arrangeaient rien. C'était pourtant une jeune femme souriante, elle courait partout dans l'île et s'activait toujours à rapporter plus de nourriture que les autres. Personne pourtant ne la remerciait, ne la félicitait, ils l'ignoraient.

 

Un jour, elle s'approcha du lagon et de la zone où les récoltes étaient interdites. Il n'était pas évident de définir un réel espace protégé dans la foret. Elle vit un plant de patate douce et voulu en faire la récolte. Mais une voix, qu'elle avait déjà entendue étant enfant vint lui parler dans sa tête.

 

« _ Leilani, es-tu revenue me voir ?

 

_ Non... Je... Je viens prendre des patates douces et je repartirais aussitôt.

 

_ Sais-tu qu'il ne faut rien prendre aux alentours du lagon ?

 

_ Oui... Mais je croyais que... Excusez-moi, je vais en récolter ailleurs...

 

_ Viens plus près du lagon, et tu pourras prendre tout ce que tu veux. »

 

Elle hésita beaucoup car elle se souvenait d'avoir vu la matriarche, plus jeune suite à son expérience au lagon, qui lui avait dit que de mémoire orale, personne n'avait jamais entendu le Dieu parler. Plus mature, plus courageuse, elle n'était plus cette petite fille et s'approcha du lagon...

 

« _ Tu as bien grandi Leilani.

 

_ Pourquoi je ne vous vois pas ? Je peux vraiment me servir ?

 

_ Prend un des paniers vides, et récolte tout ce qui te fait plaisir. »

 

Elle n'hésita pas et remplit à ras-bord le plus grand panier qu'elle trouva sur place, pendant son ouvrage aucune voix ne l'interrompit. Une fois fini...

 

 

« _ Pourquoi ne viendrais-tu pas te baigner ?

 

La suite Mardi Prochain ! 

(Illustration de Lil'Art http://desimagesetdescases.wordpress.com/)

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commentaires

Nestua 10/02/2014 20:33


Wow ! Belle histoire ! Mes félicitation :D! J'ai hate de lire la suite ^^

Cerise 10/02/2014 17:38


Le temps qu'il a fallut pour l'ecrire vauut bien le résultat.

Lil'art 08/02/2014 20:21


(Merci! :D)

Pandaelle 05/02/2014 20:46


J'AIME BEAUCOUP AHHHH.
Voilààà. C'est sorti.


Lil' ton dessin est TROP TROP TROP TROP beau !


MAAAGNIIIFIQUE.


Quand au texte... Mais Baron ce texte... !


Wahhhh !!!


C'est mon préféré de toi. Il est génial ! *hâte de la suite*

Lil'art 05/02/2014 12:28


Eh bah moi j'adore et j'adhère!

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